C'est en 1864 que fut crée l'hippodrome du Dorat. Celui de Pompadour en Corrèze avait été fermé depuis deux ans déjà et les éleveurs de chevaux de selle du Limousin, et en particulier le Comte Joseph de Monbron estimaient que Le Dorat, important centre d'élevage, était la région la plus propice à la création d'un hippodrome. Les courses de chevaux en France débutèrent vers 1775. Le décret instituait l'organisation des Courses dans 6 départements, dont la Corrèze, dû à Napoléon 1er en date du 31 Août 1805. En 1836 débuta le prix du Jockey-Club. L'hippodrome de Limoges débuta en 1820 et presque tous les pays d'Europe commencèrent l'aménagement d'hippodromes dès 1850. La première réunion des Courses au Dorat eut lieu les 11 et 12 Septembre 1864 et comportait des épreuves de plat, de cross et de trot. Ces réunions étaient suivies de concours de dressages et les équipages Poitevins et Limousins se donnaient rendez-vous au Dorat pour chasser le loup dans les forêts du voisinage, quelques jours après. Il se créa en même temps une "Association Hippique du Centre » couvrant 15 départements dont le siège était au Dorat, afin de favoriser l'élevage du cheval de selle. Elle était présidée par le général de la Rochère. Cette association créa aussi un journal « le Sport du Centre » afin de faciliter le commerce des chevaux, de trouver le personnel capable de s'occuper ou d'entraîner des chevaux et indiquait le calendrier des épreuves équestres. Ce premier champ de Courses fut situé entre le Dorat et Bellac, entre les fermes de Pomereix et de Fontcourbeau, en bordure de la route D.675 sur des terres louées pour la circonstance. La guerre de 1870 provoqua une interruption, mais après celle-ci, un terrain de 40 ha dit la Lande de la Sagne, situé tout près de ce premier champ de Courses, fut à vendre. Il était situé en bordure de la route de saint Sornin la Marche, c'est l'emplacement actuel. Aussi, le Marquis des Montiers, nouveau Président, l'acheta avec son cousin des Montiers qui habitait le château Sannat, à côté de Bellac. Ils créèrent « La Société des Courses du Dorat » et se répartirent les ¾ des actions, le reste fut acheté par des éleveurs de chevaux de la région. On relève les noms suivants : de Bruchard-de Vaudeuil-d'Orfond-Vidard-du Ché-de Cordon-Taury-d'Alzac-d'Abadie du Garreau-Vandeuil... A la même époque, en 1864, le Marquis des Montiers créa l'Ecole de Dressage du Dorat avec le soutien de la Municipalité. Le Dorat était le centre d'un élevage important de chevaux de selle qui trouvait son débouché en vendant à 3 ans les jeunes chevaux pour l'Armée et aux particuliers. Cette école de dressage formait de jeunes garçons capables d'être palefreniers, cochers, lads...et servait aussi à dresser de jeunes chevaux. Le Marquis des Montiers y transfert une partie de sa nombreuse cavalerie. L'hippodrome fut donc installé à la Sagne et progressivement amélioré. Il y avait 3 journées de Courses chaque été, soit les samedi/dimanche/lundi ou dimanche/lundi/mardi, ce qui permettait de faire courir un cheval le 1er et le 3ème jour. La plupart des chevaux venaient par le train et la Compagnie des Chemins de fer d'Orléans faisait à ceux-ci une réduction de 50% si l'aller-retour se faisait sous huitaine en période de Courses. Lors de la création de l'hippodrome du Dorat, les ouvriers n'eurent pas la même chance que ceux qui firent les aménagements de Texonéras en 1821, lesquels trouvèrent 3 sépultures romaines dont l'une contenait un trésor de pièces d'or datant de l'an 70 après J.C. Il en fut ainsi jusqu'à la guerre de 14/18. Après cette terrible guerre, si beaucoup d'hommes sont morts, les chevaux furent réquisitionnés et disparurent pour la plupart. L'élevage ne fut redémarré que lentement et les Courses au Dorat ne reprirent que quelques années plus tard par manque de chevaux vers 1922/1924. Ce fut le Comte des Monstiers qui reprit le flambeau et devint président. Il était assisté de M. Vaudeuil de Dinsac qui s'occupait entièrement de l'hippodrome avec son fidèle employé Paul Decressac. Ils remirent le champ de Courses en état et ils allèrent même à Saumur ensembles pour voir les obstacles, afin de construire les mêmes au Dorat. L'Assemblée Générale, chaque année, se passait à L'Hôtel de Bordeaux, Place de la Fontaine, après un excellent déjeuner. Le Secrétaire de la Société des Courses était alors Armand Maréchal qui habitait Grand'Rue mais il se retira en 1935 et fut remplacé par M. Louis Brouard qui le resta jusqu'en 1970. L'hippodrome fut une nouvelle fois fermé par la 3ème Guerre de 1939/1945 et ne reprit ses activités qu'en 1947 avec un nouveau Président, le Colonel de Maréchal qui habitait Le Chiron à Oradour Saint Genest. Cette 3ème Guerre n'avait pas décimé les chevaux mais supprimé les moyens de locomotion. Aussi, lors de la réouverture de l'hippodrome, il y eut des cars au gazogène qui firent la navette entre la gare du Dorat et le Champ de Courses. Après le décès des fondateurs, les deux familles des Montiers désirèrent vendre leurs parts de l'hippodrome, ce fut alors Louis Ricoux qui acheta la presque totalité des actions de la Société des Courses. L'hippodrome de la Sagne, est, avec celui de Texonéras sur la commune de Couzeix, un des deux seuls hippodromes recensés sur la Haute-Vienne.